Recevant le bulletin d'information de l'Association Française de Soutien aux Réfugiés du Liban AFRAN-SAUREL, association amie, nous en avons la confirmation dans un article assez complet de Francis Gras dont voici un large extrait :
"Depuis 1964, le travail des étrangers au Liban est subordonné à l'obtention d'un permis de travail délivré par le ministère libanais du travail, valable seulement pour un an renouvelable. Cette autorisation et le bénéfice de certains droits tels que l'indemnité de licenciement et la couverture par la sécurité sociale des frais de maladie est subordonnée au principe de réciprocité. Ce dernier conditionne l'application de ces droits pour les étrangers travaillant au Liban aux droits réciproques que les Libanais eux-mêmes se voient reconnus lorsqu'ils travaillent dans les pays dont ces étrangers sont originaires. On voit tout de suite ce qui en résulte pour les réfugiés palestiniens qui sont considérés comme des étrangers au Liban mais demeurent des apatrides et le demeureront tant que ne sera pas créé un Etat palestinien : aucune protection ne peut être accordée en vertu de ce principe à un travailleur palestinien.
De plus, l'exercice d'une profession libérale, selon la législation libanaise, ne peut se faire que dans le cadre de ce que l'on appelle en France "les ordres" (médecins, avocats, architectes, ingénieurs..) Or le régime intérieur de ces ordres exige de ses membres la nationalité libanaise depuis au moins dix ans. A ce titre, par exemple, les médecins palestiniens, même s'ils ont acquis les diplômes leur permettant d'exercer, ne peuvent le faire qu'auprès des centres du Croissant Rouge dépendant de l'OLP ou dans les secteurs sanitaires dépendant de l'UNRWA.
Jusqu'en 2005 les ministres du travail qui se sont succédés et qui disposent du droit de déterminer les professions exclusivement réservées aux Libanais avaient rendu inaccessibles aux réfugiés palestiniens 70 métiers. En 2005, le ministre du travail de l'époque, Trade Hamane, saisi d'une "empathie pour ces réfugiés" publie un mémorandum limitant à 20 le nombre de professions interdites en dehors des professions libérales toujours inaccessibles. Si depuis cette date, il est en principe possible à un Palestinien d'être salarié d'une entreprise libanaise pour une activité n'entrant pas dans le cadre des 20 professions, en revanche, ils ne peuvent toujours pas bénéficier des prestations sociales et médicales dont jouissent leurs homologues libanais quand bien même des cotisations sociales sont prélevées sur leurs salaires et versées aux caisses de la sécurité sociale libanaise.